Née dans les monts Nimba, la Cavally coule 515 kilomètres vers l’Atlantique, dessinant la frontière entre la Côte d’Ivoire et le Libéria — une rivière de rapides, de pirogues et de forêts profondes.
Le Cavally (ou Cavalla, Youbou, Diougou) prend sa source en Guinée, au nord des monts Nimba. Long de 515 kilomètres, avec un bassin versant d’environ 30 600 km² — la superficie de la Belgique —, il traverse la Côte d’Ivoire avant de former, sur plus de la moitié de son cours, la frontière avec le Libéria. Il se jette dans le golfe de Guinée à une vingtaine de kilomètres à l’est de Harper (Libéria). Son nom viendrait des maquereaux (cavalla) que les navigateurs portugais pêchaient à son embouchure dès le XVᵉ siècle.
Rivière de relief, le Cavally est semé de rapides qui le rendent largement non navigable aux bateaux — mais les populations riveraines le parcourent depuis des siècles en pirogues et en monoxyles. Dans l’ouest ivoirien, ses affluents sont enjambés par les mythiques ponts de liane, construits la nuit par un cercle d’initiés dont le secret de fabrication est jalousement gardé : ils font la richesse culturelle de toute la région de l’Ouest.
Le bassin du Cavally et les terres du Guémon appartiennent à la grande forêt guinéenne, l’un des hauts lieux de biodiversité de la planète : forêts classées, parcs nationaux du Mont Péko et de Taï plus au sud, arbres géants et faune rare. Protéger ces forêts — réservoirs d’eau, de médicaments et de vie — est l’un des grands enjeux de l’ouest ivoirien, et l’une de ses fiertés.